Le danger de l’égocentrisme sur la oumma 2

Ibn Al-Qayyim (Puisse Allah lui agréer son âme) a dit : « méfiez-vous, en effet, méfiez-vous de la prédominance tyrannique du « Moi, je », « je possède » et « j’ai »

 

Ecouter le prêche:

عباد الله:

فلقد طغَت الأثَرَةُ في كثيرٍ من المُجتمعات، وضربَت بأطنابِها في الأُسرة والجِيران وساحَة المعرفة، وسوق العمل، فأفرزَت الكسلَ في العمل التطوُّعيِّ، وأذكَت التنافُسَ في العمل المصلحِيِّ، كما أنها وأدَت الشفاعة ونفعَ الناس، وأذكَت الرِّشوَة، والغُلولَ، والابتِزازَ.

فإن كان النبي – صلى الله عليه وسلم – قد حرَّم على أمَّته منعًا وهات، فإن الأثَرَة تُصيبُ صاحبَها بسعَار النَّهَم، وحبِّ التشبُّع، فلا يعرِفُ إلا قول: هاتِ وهاتِ. وما آفةُ المُجتمعات إلا بمثلِ ذلكم.

قال ابنُ القيم – رحمه الله: « وليحذَر كلَّ الحذَر من طُغيانِ: أنا، ولي وعندي. فإن هذه الألفاظ الثلاثة ابتُلِيَ بها إبليس، وفرعون، وقارون، فـ أَنَا خَيْرٌ مِنْهُ [الأعراف: 12] لإبليس، ولِي مُلْكُ مِصْرَ [الزخرف: 51] لفرعون، وإِنَّمَا أُوتِيتُهُ عَلَى عِلْمٍ عِنْدِي [القصص: 78] لقارون ». اهـ كلامُه – رحمه الله.

فيا للهِ؛ ما أعظمَ هديِ نبيِّنا وقُدوتنا – صلى الله عليه وسلم -، وهو يُرشِدُ أمَّتَه ألا يُقابِلُوا الأثَرَة بأثَرَةٍ مثلِها، فيُقابِلُوا الداءَ بالداء، وإنما أرشدَهم إلى ما تسمُو به النفسُ، ويتحقَّقُ به صالِحُ الأمة والمُجتمع الواحِد.

وهو – صلى الله عليه وسلم – لا يدلُّ إلا إلى الخير، ولا يُحذِّرُ إلا من الشرِّ، فقد قال – صلوات الله وسلامه عليه -: «إنكم سترَون بعدِي أثَرَةً وأمورًا تُنكِرونَها». قالوا: فما تأمُرُنا يا رسول الله؟ قال: «أدُّوا إليهم حقَّهم، وسلُوا اللهَ حقَّكم». وفي روايةٍ: «فاصبِروا حتى تلقَونِي»؛ رواه البخاري.

فإن الإسلام – عباد الله – لا يذُمُّ شيئًا إلا ويمدحُ ضِدَّه، فإذا ما ذُمَّت كلمةُ « أنا » في مواطِنِها التي لا تليقُ بها، فإن ثمَّة مواطِن تُمدَحُ فيها كلمةُ « أنا »:

فإن كلمة « أنا » في مقام الإصلاح بينها وبين كلمة « أنا » في مقام الإفساد والكِبر والغُرور كما بين الثَّرى والثُّريَّا. فحسنٌ قولُ من قال: أَنَا آتِيكَ بِهِ قَبْلَ أَنْ يَرْتَدَّ إِلَيْكَ طَرْفُكَ [النمل: 40] استجابةً لأمر نبيٍّ من الأنبياء.

وحسنٌ قولُ من قال: أَنَا أُنَبِّئُكُمْ بِتَأْوِيلِهِ فَأَرْسِلُونِ [يوسف: 45] سعيًا منه في تفسير مُعضِلةٍ أحلَّت بهم.

وحسنٌ قولُ من قال: وَإِنِّي عَلَيْهِ لَقَوِيٌّ أَمِينٌ [النمل: 39] استِحضارًا للأمانة والمصلحة العامَّة؛ لأن شيئًا من تلكُم الأمور لم يكُن لمصلحةٍ شخصيَّة تُقدَّم فيها مصلحةُ النفسِ على المصلَحةِ الأعمِّ.

وهذا هو ما يُسمَّى بالإيثار الذي امتدَحَه الله بقولِه: وَيُؤْثِرُونَ عَلَى أَنْفُسِهِمْ وَلَوْ كَانَ بِهِمْ خَصَاصَةٌ [الحشر: 9]، فربما تنازلَ المرءُ عن مصلحَته لتحقيقِ المصلحة الأعمِّ، وتلك خصلةٌ لا يُوفَّقُ لها إلا من رحِمَ الله وأسبغَ عليه نِعَمَه ظاهرةً وباطنةً، وذلك فضلُ الله يُؤتيه من يشاءُ، والله ذو الفضلِ العظيمِ.

ففي « صحيح البخاري » أن النبي – صلى الله عليه وسلم – قال للحسن بن عليٍّ – رضي الله تعالى عنهما -: «إن ابنِي هذا سيِّدٌ، ولعلَّ الله أن يُصلِحَ به بين فِئتَين من المُسلمين عظيمَتَين».

وقد وقع ذلك بإيثارِ الحسن بن عليٍّ الخلافةَ ليجعلَها لمُعاوية كاتِبِ وحيِ النبي – صلى الله عليه وسلم -، ورضِي الله عنهم أجمعين.

وهنا يتجلَّى الإيثارُ، وكبت حُظوظ النفس ومصلَحَتها حينما تُعارِضُ مصلحةَ المُسلمين العامَّة، فتُحقَنُ بها الدماءُ، وتُجمعُ بها الكلمةُ.

وقد ذكر أهلُ السِّيَر على وجهِ الاستِحسان قصةَ عبد الله بن حُذافَةَ السَّهميِّ حينما وقعَ أسيرًا هو وبعضُ الصحابة في قبضة قيصر الرُّوم، فسامَه سُوءَ العذابِ، إلى أن قال له قيصر: هل لك أن تُقبِّلَ رأسي فأُخلِّيَ عنك؟ فقال عبدُ الله: وعن جميع أسرَى المُسلمين؟ قال قيصر: وعن جميعهم.

فقال عبدُ الله بن حُذافَة في نفسِه: عدُوٌّ من أعداء الله أُقبِّلُ رأسَه ليُخلِّيَ عن أسرَى المُسلمين، لا ضيرَ في ذلك. فقبَّلَه، فأطلقَ له الأسرى. فلما علِمَ الفاروقُ – رضي الله تعالى عنه – بذلك قبَّل رأسَ عبد الله بن حُذافة – رضي الله تعالى عنهم أجمعين

L’égoïsme règne dans la plupart des sociétés et s’est profondément enraciné dans les familles, entre les voisins, dans les cercles de connaissance et le marché du travail. Cet égoïsme a anéanti le bénévolat. En effet, au lieu d’être au service des autres, les gens ne pensent qu’à eux-mêmes. Cet égoïsme a, en outre, eu pour fâcheuse conséquence la disparition des vertus comme l’intercession et la recherche du bénéfice mutuel entre les peuples. En lieu et place, ont été favorisées la corruption, la malignité et le chantage.

Donc si le Prophète (Salat et paix d’Allah sur lui) a interdit à sa Communauté de s’accaparer ce qui revient aux autres, mais a recommandé de donner pour l’amour d’Allah, alors il condamne l’égoïste qui est sous l’emprise d’une voracité violente et d’une folle envie d’accumuler de la richesse matérielle. Une personne égoïste ne connait que « donne et redonne ». Telle est, en effet, l’épidémie des sociétés !

Ibn Al-Qayyim (Puisse Allah lui agréer son âme) a dit : « méfiez-vous, en effet, méfiez-vous de la prédominance tyrannique du « Moi, je », « je possède » et « j’ai ». Ces trois expressions ont éprouvé Iblis (Satan), Pharaon, et Coré causant ainsi leur perte. Elle fut prononcée par Iblis qui a dit « je suis meilleur que lui » (Al-Araf, 12). Quant à Pharaon, il a dit « Ne suis-je pas le maître absolu et je possède le royaume d’Égypte » (Al- Zukhruf : 51). Coré a également causé du tort à sa propre personne quand il a dit « Ce que j’ai, je le dois uniquement à la science que je possède » (Al- Qasas : 78 qui a été prononcé par Coré »).

O Allah ! Comme sont éclairants et bénéfiques l’orientation et l’exemple de notre Prophète (Salat et la paix d’Allah soient sur lui) qui enseigne à sa Ummah de ne pas traiter l’égoïsme par l’égoïsme, de faire en sorte que les gens ne traitent pas le mal par le mal. Plutôt, il les a guidés vers ce qui peut élever le moi humain (à hautes sphères) et ce que peut accomplir l’intérêt de la Oumma et celui de la société.

Il ne guide que vers le bien et ne met en garde que contre le mal. Il a dit : « vous verrez après moi des égoïstes (cherchant leurs intérêts) et des choses que vous jugerez inadmissibles ». Ils ont dit : « alors, qu’est-ce que tu nous recommandes, ô Messager d’Allah ?  » Il a dit : « donnez-leur leur droit, et demandez votre droit à Allah ». Dans une autre version du hadith, il est dit: « Soyez patients jusqu’à ce que vous me rencontriez » [Rapporté par Al – Bukhari].

Ainsi, la distance entre le « moi, je » dans un contexte de réforme ou de réconciliation et le « Moi, je » dans un contexte de corruption, d’orgueil, de vanité, est comme la distance entre la terre et le ciel.

On peut citer comme exemple de bon emploi de l’expression « moi, je », la phrase « je te l’apporterai en un clin d’œil » prononcée en réponse à l’ordre de l’un des Prophètes (Salomon) d’Allah (Al-Naml : 40).

Il s’agissait d’un ‘ifrit’ (catégorie de djinn) qui s’était engagé à apporter le trône de la Reine de Sabah à Souleymane (Sur lui la Paix) s’il le souhaitait.

Voici une autre bonne déclaration : « moi, je suis en mesure de vous en donner l’interprétation. Laissez-moi aller la chercher ! » (Yûsuf : 45).

Ce qui suit est aussi une bonne déclaration : « pour cela, je suis fort et digne de confiance » (Al- Naml : 39). Elle est motivée par un sentiment de confiance et de dévouement à l’intérêt public.

C’est ce qu’on appelle la préférence des autres sur soi-même et qui est saluée par les mots suivants d’Allah : « allant même jusqu’à se priver en leur faveur, malgré leur propre indigence » (Al- Hashr : 9). Une personne peut refuser son intérêt personnel pour le bien de l’intérêt général. C’est en effet une vertu qu’on ne retrouve que chez ceux à qui Allah a accordé sa miséricorde et ses bénédictions.

De telles personnes sont décrites par Allah comme «Telle est la grâce d’Allah qu’Il accorde à qui Il veut, car Allah est le Détenteur de la grâce infinie !» (Al- Jumu’ah : 4).

Dans Sahih de Boukhari, le Prophète (Salat et paix Allah sur lui) a dit à Al- Hassan Ibn Ali (qu’Allah soit satisfait d’eux) : « Celui-ci est un Sayed (Maître), il fera la réconciliation entre deux groupes importants de musulmans« .».

Effectivement cela est arrivé plus tard comme le Prophète (SAW) l’avait prédit, quand Al-Hassan Ibn Ali a refusé le califat à Mu’awiah, le scribe de la révélation divine du Prophète (Que la paix et Salat d’Allah soient sur lui). Qu’Allah soit satisfait de tous !

Ce qui est attendu du musulman, ici, est l’abnégation c’est-à-dire un « Sacrifice total au bénéfice d’autrui de ce qui est pour soi l’essentiel » prend de la grandeur, et la suppression des désirs lorsqu’elles sont en contradiction avec les intérêts des musulmans; par conséquent, l’effusion de sang peut être évitée et les musulmans pourront être en mesure d’unir leur parole

     Les biographes ont relaté l’histoire d’Abdoullah Ibn Al- Huthāfah Sahmi quand lui et d’autres compagnons ont été pris captifs par « César le romain ». César l’a sévèrement puni et lui a dit : « veux-tu baiser ma tête et je te rendrai la liberté ? ». Abdoullah a dit : « et tu libéreras tous les autres captifs musulmans ? ». César lui répondit : « chacun d’eux sera libre ». Abdoullah Ibn Huthāfah se dit au fond de lui-même : « baiser la tête d’un des ennemis d’Allah et les captifs musulmans seront libres ; il n’y a pas de mal à cela ! ». Alors, il embrassa la tête de César et ce dernier libera l’ensemble des captifs musulmans. Quand Omar Alfāroūq (qu’Allah soit satisfait de lui) a su l’histoire, il embrassa la tête d’Abdoullah Ibn Huthāfah (Qu’Allah soit satisfait avec chacun d’eux).

Telle est l’altruisme qui enterre l’égoïsme et l’égocentrisme avant qu’ils grandissent. La personne qui vit avec Altruisme est comme une bougie qui donne la lumière aux siens et à la société. Elle peut sentir les battements de son cœur et le clignotement rapide de ses yeux, mais elle ne peut jamais oublier le hadith de l’Elu (Salat et paix d’Allah sur lui) : «Ne vous enviez pas, n’enchérissez pas les uns sur les autres, ne vous haïssez pas n’agissez pas avec perversité les uns à l’égard des autres, ne concluez pas d’achats au détriment les uns des autres, soyez, ô serviteurs d’Allah!, tous frères» [Rapporté par Muslim].