Le danger de l’égocentrisme sur la oumma 1

Une société ne peut atteindre le succès si les membres qui la composent ne savent dire que le mot « moi, je ». La société est semblable à une famille.

 

Ecouter le prêche:  

أربعةُ أحرفٍ لا خامِسَ لها، متى وقع فأسُها لفظًا ومعنًى على أي فردٍ ممن هو لبِنَةٌ من لبِنَات المُجتمع المُتماسِك؛ فإنه الاهتزازُ ما منه بُدٌّ، ومن ثَمَّ حدوثُ الشَّرخ المُفضِي إلى تقوِيضِ ما حولَه من اللَّبِنَات، ليتتابَعَ شرخُ البِناءِ برُمَّتِه، إن لم يتساقَط بعضُه أو جُلُّه. وليس مُستحيلاً – والحالُ هذه – أن يسقُط كلُّه.

نعم – عباد الله -، إنها أربعةُ أحرُفٍ في مبناها، لكنها دواوين وأسفارٌ في معناها.. إنها أربعةُ أحرُفٍ تُكوِّنُ كلمةً غصَّت بها حُلوقُ المُجتمعات، وبُحَّت لأجلها أصواتُ الناصِحين والمُرشِدين، وأجلَبَت بخيلِها ورجِلِها غُدُوًّا ورواحًا وسط أخلاقيات مُجتمعاتهم.

إنها الأحرُفُ الأربعةُ التي ينطِقُها كلُّنا – أو جُلُّنا – باللفظ المعروف، وهي: « الأثَرَة ». نعم؛ إنها الأثَرَة، وإن شئتُم فقولوا: « الأنانية » كما تُسمَّى باللفظ الدارِج في أوساطِنا، أو كما يُسمِّيها بعضُ المُثقَّفين بـ « الأنا »، أو « حب الذَّات ». وأيًّا كانت هذه الأسماء، فإن المُسمَّى واحدٌ، ومهما تعدَّدت تفسيراتُها وتصوُّراتُها بين الناس، فإن الذمَّ أيضًا واحدٌ.

أجل – عباد الله -، إنها الأثَرَة التي هي: حبُّ النفس المُفضِي إلى تقديم رغَبَاتها وشهواتها دون اعتِدادِ حقوق الآخرين العامَّة والخاصَّة.

إنه حبُّ الذَّات الذي يُعمِي ويُصِمُّ ليجعلَ المُصابَ به لا ينظرُ إلا من زاويةٍ واحدةٍ ضيِّقةٍ داكِنة، لا يرى فيها إلا نفسَه ومصلحتَه، ضارِبًا بهما ما للمسلمين من مصالِح عُرضَ الحائِط.

فليس لمصلحة الأُسرة أو المُجتمع مقامٌ في قاموسِ أخلاقِه، يرى في الحياة كلِّها معنى نفسِه لا معنى الناس، قد حرَّمه الله حلاوةَ الإيمان التي لا تتحقَّق بمثلِ هذه الصفةِ المَقيتة.

كيف لا، وقد قال النبي – صلى الله عليه وسلم -: «لا يُؤمنُ أحدُكم حتى يُحبَّ لأخيه ما يُحبُّ لنفسِه»؛ رواه البخاري ومسلم.

إن كلِمة « أنا » تبدأُ بزَهوِ النفس ينتفِخُ شيئًا فشيئًا، حتى يُصبِحَ ورَمًا عقليًّا وخُلُقيًّا، لا يُحسِنُ صاحبُه بسببه نُطقًا إلا بكلِمة « أنا ». ولا يُباشِرُ بسببه تعامُلاً إلا بعد أن يقول: « وماذا لي أنا؟ »، ليتشبَّه برَكبِ أصحاب « الأنا » من أمثال فِرعون الذي قال عن نفسِه: أَنَا رَبُّكُمُ الْأَعْلَى [النازعات: 24]، والنمرود الذي قال: أَنَا أُحْيِي وَأُمِيتُ [البقرة: 258].

بعد أن سبقَ أصحاب « الأنا » إمامُهم الذي أجلَبَ على أخلاقِهم بخيلِه ورجِلِه إبليسُ – عليه لعائنُ الله -؛ حيث قال لخالِقِه ومولاه: أَنَا خَيْرٌ مِنْهُ خَلَقْتَنِي مِنْ نَارٍ وَخَلَقْتَهُ مِنْ طِينٍ [الأعراف: 12].

عباد الله:

إن قيمةَ المُجتمع في أخلاقِه، فإن لم يحتسِب كلُّ فردٍ منه أنه جُزءٌ من هذا المُجتمع فإنه سيرَى أنه هو المُجتمعُ وحدَه، وهذه هي الأَثَرَةُ المُوجِعة.

إنه لن ينجحَ مُجتمعٌ كلُّ واحدٍ فيه لا يعرِفُ إلا كلمة « أنا ». فالمُجتمعُ أُسرةٌ يشتركُ جميعُ أفرادها في رِعايةِ كلِّ ما يُصلِحُها، واتِّقاء كلِّ ما يُفسِدُها، بالنظر إلى الصالِح العام فيُجلَب، وإلى الفساد العام فيُتَّقى، ضارِبين بكلمة « أنا » عُرضَ الحائِط؛ لأنه لن يَحيَا مُجتمعٌ كلُّ فردٍ من أفرادِه لا يرَى فيه إلا نفسَه.

بل لا تقومُ قائمةُ المُجتمعات دون أن يتحقَّق فيها الشعورُ بالآخرين، واستِحضارُ حقوقهم التي أوجبَها الله على كل فردٍ ليُحسِنَ رِعايَتها بما يُرضِي الله – جل وعلا – لا بما يُرضِي نفسَه دونَهم.

قال رسولُ الله – صلى الله عليه وسلم -: «مثلُ القائمِ على حُدود الله والواقِع فيها كمثَل قومٍ استَهَموا على سفينةٍ، فأصابَ بعضُهم أعلاها، وبعضُهم أسفلَها. فكان الذين في أسفَلِها إذا استقَوا من الماء مرُّوا على من فوقَهم فقالوا: لو أنَّا خرقْنا في نصيبِنا خرقًا ولم نُؤذِ من فوقَنا، فإن يترُكوهم وما أرادُوا؛ هلَكُوا جميعًا، وإن أخَذُوا على أيديهم نجَوا ونجَوا جميعًا»؛ رواه البخاري.

نعم – عباد الله -، لو غلبَ على من في أعلى السفينة الأَثَرَة وقالوا: ما لَنا وما لَهم؟! لهلَكَ الجميع؛ إذ لا مقامَ لحبِّ النفس فيما تقتضِي الحالُ أن يكون مصلحةً عامَّةً للمُجتمع الواحِد.

إن شريعتَنا الغرَّاء حضَّت أشدَّ التحضيض على رفع النفس وزمِّها عما يشينُها، ومن ذلكم: قطعُ كل ما من شأنِه إذكاءُ معنى الكِبر، والغرور، والإعجاب بالنفس الذي يُفضِي إلى مُراعاة مصلحَتها على حسابِ أي مصلحةٍ عامَّةٍ أو خاصَّةٍ.

إنها كلمةٌ تتكرَّر في تصرُّفاتنا اليومية، وقد لا تَعني عادةً أن صاحبَها يزهُو بنفسِه، أو أن لها هدفًا أكثر من أن يُعرِّفَ بنفسِه، ومع ذلكم كرِهَها النبي – صلى الله عليه وسلم -؛ ليُؤصِّلَ في أمَّته معنى التواضُع واللِّين، والنَّأْيِ بالنفس عن أي سبيلٍ من سُبُل الغُرور والإعجابِ وحبِّ النفس دون ما أباحَ الله للمرء.

 

Serviteurs d’Allah !

Il y a un mot (ou une expression) de quatre lettres en arabe qui pourrait causer, au sens propre comme au sens figuré, un inévitable séisme sur la conscience d’un membre de la communauté. Le tremblement de terre serait certainement suivi par une fissure qui pourrait entraîner l’effondrement de blocs de constructions adjacents et finalement l’effondrement de parties substantielles de l’immeuble, et peut-être l’ensemble du bâtiment.

Oui serviteurs d’Allah, en vérité, il y a un mot de seulement quatre lettres, mais dont la définition et l’explication pourraient être très longues ou nécessiteraient peut-être des volumes de livres. Il s’agit d’un mot de quatre lettres que les sociétés ont étouffé ; il a causé un enrouement de la voix des conseillers et des réformistes sociaux, et a créé un tollé dans l’éthique sociale.

Ces quatre lettres sont prononcées par tous, ou presque, à travers une expression bien connue. Ce mot en arabe est atharah ( أثرة) qui est traduit par le terme Narcissisme et signifie« Amour excessif porté à l’image de soi ».

Vous pouvez également, si vous le souhaitez, l’appeler « égoïsme » ou « Attachement excessif porté à soi-même et à ses intérêts, au mépris des intérêts des autres ». Il est également traduit par le terme « Egotisme » pour signifier un « sentiment exagéré de sa personnalité, et, en particulier, culte du moi » ou encore « Egocentrisme » qui traduit une « Tendance à ne considérer que son point de vue et ses intérêts propres ». Quelle que soit la multiplicité des significations utilisées, le signifié est le même.

Peu importe le nombre d’interprétations et conceptualisations que le mot peut prendre, elles sont toutes affectées de la même connotation négative relative à la même personne.

Oui, serviteurs d’Allah ! Athara, c’est l’égoïsme qui incite à donner la priorité aux désirs personnels et ses intérêts dans un mépris total, sans prêter attention aux droits des autres. C’est l’amour de soi, le genre d’égoïsme qui rend aveugle et provoque la surdité. L’égoïsme pousse la personne à ne regarder que d’un angle réduit et ne pas voir le reste du monde. Cette personne ne voit que ses intérêts personnels. Ainsi, elle ne peut rien discerner, et elle ne s’intéresse qu’à ses propres intérêts dans l’indifférence totale des intérêts des autres musulmans.

Dans le code de déontologie de l’égoïste, il n’y a aucune considération pour la famille ou la société. Ces personnes ne voient, dans la vie, que leurs propres intérêts et non ceux des autres. Allah les a privés de ce doux sentiment de la foi qui ne peut être ressenti par quiconque présente de telles caractéristiques vicieuses.

En effet, le Prophète (Que la paix et la prière d’Allah soient sur lui) a dit : « aucun de vous n’aura la foi complète jusqu’à ce qu’il désire pour son frère (en Islam) ce qu’il désire pour lui-même » [Rapporté par Boukhari et Mouslim].

Le mot « Moi, je » acquiert une dimension égoïste qui gonfle progressivement jusqu’à devenir une tumeur mentale et morale. Ensuite, l’égoïste ne peut rien prononcer sans qu’il ne commence avec « Moi, je ». Il ne peut conclure aucun accord sans demander, « quel intérêt présente pour moi cette opération ? ». Cela le classe parmi les « gens de l’ego » comme Pharaon qui s’était ainsi décrit : « je suis votre seigneur le plus puissant ! » (Al- Nāzi’āt : 24) et le Nimrod qui a dit : « c’est moi qui fais vivre et mourir » (Al-Baqarah : 258).

Serviteur d’Allah !

La valeur de la société réside dans ses mœurs. Si une personne ne reconnaît pas qu’elle fait partie de la société, elle sera conduite à considérer qu’elle représente à elle seule la société toute entière. Ainsi, certains dirigeants ont proclamé : « l’Etat c’est moi ». C’est cela atharah

Une société ne peut atteindre le succès si les membres qui la composent ne savent dire que le mot « moi, je ». La société est semblable à une famille. Ses membres doivent s’associer pour la chérir dans tout ce qui est bon et rejeter tout ce qui est mal. C’est cette attitude qui contribue au bien commun et au rejet de ce qui peut mener à la ruine. Il n’y a pas de place pour l’égoïsme. Une société ne peut vivre si les membres qui la composent sont incapables de voir leurs intérêts communs.


     Une Société ne sera pas en mesure de se tenir si elle manque de considération et de respect pour les droits légitimes d’autrui. Ce respect des droits d’autrui est, en effet, une obligation qu’Allah a imposée à chaque individu afin d’établir un équilibre dans la société et et pour éviter que chacun fasse ce qui lui plaît. 

Le Prophète, paix et bénédiction soient sur lui, a dit : « l’exemple de celui qui prend soin de ne pas transgresser les limites imposées par Allah et de celui qui les transgresse allègrement est comme l’exemple de passagers qui ont pris place sur un bateau. Certains d’entre eux se sont installés sur le pont et d’autres dans la soute. Lorsque ces derniers veulent puiser de l’eau, ils sont obligés de monter sur le pont. Lassés de ce va et vient, ils ont fini par se dire : « si nous creusions un trou dans la soute, nous éviterons de déranger les passagers à l’étage ». Si les passagers se trouvant sur le pont les laissent faire, ils périront tous ensemble. Mais s’ils les en empêchent, ils seront tous épargnés » (Rapporté par Boukhari, qu’Allah lui fasse miséricorde).

Serviteurs d’Allah ! Si les personnes du pont supérieur étaient égoïstes et avaient dit : « ce ne sont pas nos affaires, laissez-les faire ce qu’ils veulent », tout le monde aurait périt. Alors il n’y a pas de place pour l’égoïsme lorsque l’intérêt général est en jeu.

Notre législation (religion) pure a, dans les termes les plus forts possibles, exhorté les musulmans à sublimer l’âme et à la dissuader de mauvaises actions qui peuvent conduire à l’orgueil, l’égoïsme et l’égocentrisme. Un tel comportement donne la priorité aux intérêts personnels au détriment des intérêts publics.

Jaber Ibn Abdallah (qu’Allah soit satisfait de lui) a dit : « je suis allé voir le Prophète concernant une dette de mon père. J’ai frappé à la porte, et il a demandé : « Qui est-ce ? ». C’est moi, répondis-je. « C’est moi, c’est moi ». Il a répondu comme s’il avait détestait cela » [Rapporté par Boukhari et Mouslim].

Le « moi » est un mot qui a trouvé sa place dans la devise générale de notre langage quotidien. D’ordinaire, il ne signifie pas que l’utilisateur se vante mais il est utilisé pour se présenter. Pourtant, le Prophète (Salat et la paix d’Allah soient sur lui) ne l’a pas aimé comme expression. La raison tient sans doute au fait que le Prophète (SAW) souhaitait établir entre les membres de sa Ummah l’humilité et la clémence ; lesquels s’opposent à tout signe d’arrogance, d’auto-admiration et l’égocentrisme au-delà de ce qu’Allah le Tout-Puissant a permis.

Qu’Allah nous en préserve !